Qu’est-ce que la neuroatypie?

La neuroatypie désigne un fonctionnement cognitif, émotionnel ou sensoriel qui s’écarte du mode dit « neurotypique » (majoritaire).
Elle regroupe plusieurs conditions reconnues, comme :

  • le trouble du spectre de l’autisme (TSA),
  • le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH),
  • la douance ou le haut potentiel (HPI),
  • les troubles sensoriels (hypersensibilité/hyposensibilité, trouble de la modulation ou du traitement sensoriel, synesthésie)
  • les troubles d’apprentissage (dyslexie, dysorthographie, dysgraphie, dyscalculie, etc.),
  • les troubles spécifiques du développement (dyspraxie, dysphasie)
  • ou d’autres variations du développement neurologique.

La neuroatypie n’est pas une maladie, mais une différence structurelle du cerveau influençant la perception, la communication et le fonctionnement quotidien.

Neuroatypie simple et neuroatypie complexe

Neuroatypie simple

Lorsqu’une personne présente un seul diagnostic principal (ex. TSA).

  • Les besoins d’adaptation sont ciblés et clairs.
  • Les services spécialisés peuvent être définis plus facilement.

Neuroatypie complexe

Lorsqu’une personne présente plusieurs diagnostics en comorbidité (ex. : TDAH + trouble d’apprentissages) / TSA + TDAH + HPI).

  • Les symptômes s’entrecroisent et compliquent l’évaluation.
  • Les profils sont souvent mal compris ou mal pris en charge.
  • La prédisposition de ces personnes à développer d’autres troubles de santé mentale et comorbidité comme les troubles anxieux, la dépression chronique, le trouble de stress post-traumatique, les troubles alimentaires et les dépendances, entre autres, est extrêmement élevée, faute de services et suivis adaptés à leur condition.

Ce sont les profils neuroatypiques complexes qui préoccupent le plus l’APNQ car la prise en charge des personnes avec diagnostics multiples est souvent déficiente et inadaptée vu la complexité et les enjeux de compréhension face à ce type de profil. C’est exactement cette réalité qui expose le besoin urgent de développer un réseau de professionnels spécialisés en neuroatypie complexe.

Enjeux de compréhension et erreurs diagnostiques

Certaines réalités demeurent difficiles à saisir, car :

  • Les signaux peuvent sembler contradictoires (ex. douance + difficultés scolaires).
  • Les besoins changent selon l’environnement et le contexte.
  • Les comportements (franchise, retrait, agitation) sont souvent mal interprétés, ce qui contribue à la l’exclusion et la stigmatisation de ces personnes.

Chez les personnes neuroatypiques, un grand nombre parvient, malgré leurs difficultés, à s’adapter et à développer un fonctionnement relativement satisfaisant pendant une période qui varie d’un individu à l’autre. Pour plusieurs, les difficultés plus importantes n’apparaissent qu’à l’adolescence ou à l’âge adulte.

C’est souvent l’accumulation de ces problèmes qui amène la personne à demander de l’aide. Or, la présence de troubles associés complique alors le processus diagnostique : bien souvent, ce sont ces manifestations secondaires qui attirent d’abord l’attention, masquant les signes propres à la neuroatypie. L’évaluation tend donc à se concentrer sur le trouble de santé mentale le plus visible, surtout lorsqu’aucun trouble neurodéveloppemental n’a encore été identifié.

C’est ainsi que s’installent les erreurs de perception, menant à des analyses biaisées, à des observations incomplètes, ce qui m’amène à dénoncer une confusion fréquente dans les conclusions de certains professionnels, notamment en ce qui concerne le TSA grade 1 (Asperger).

Il est bien établi dans la littérature scientifique que les manifestations du TSA (notamment de grade 1, sans déficience intellectuelle), particulièrement à l’âge adulte, et encore plus chez les femmes, sont souvent confondues à tort avec certains troubles de santé mentale, comme le trouble bipolaire ou le trouble de la personnalité limite. Les variations émotionnelles, l’intensité, l’anxiété chronique, la sensibilité sensorielle/émotionnelle ou autres symptômes peuvent être mal interprétés, menant à des traitements inadaptés.

Autre dérive clinique…

Cette erreur de perception n’est malheureusement pas la seule. Un autre phénomène, plus structurel, contribue à de nombreuses erreurs de diagnostic.

Au Québec, plusieurs personnes neuroatypiques (TSA, TDAH, HPI, DYS), ayant subi des traumas prolongés tout au cours de leur vie, se retrouvent par défaut avec un diagnostic de TPL alors que leur souffrance correspond davantage à un trouble de stress post-traumatique complexe (TSPT-C), reconnu dans la CIM-11 par l’Organisation mondiale de la santé, mais toujours absent du DSM-5.

C’est ainsi que, faute d’espace dans le manuel pour nommer le trauma complexe, on loge la souffrance dans la case “trouble de la personnalité”, comme si c’était elle, la source du problème. C’est exactement par ce raccourci administratif que l’on perd de vue le contexte, la violence vécue et l’histoire complète derrière les symptômes.

Nommer correctement, c’est orienter vers les bons soins, les bonnes approches thérapeutiques, et surtout : reconnaître enfin la nature de la souffrance vécue.

Voir capsule du Docteure Céline Lamy (La Psyssenlit):

État de la situation et préoccupations de l’APNQ

Le manque de connaissances et de compétences des institutions et des professionnels en santé mentale en terme de neurodivergence hypothèque sévèrement les personnes neuroatypiques, surtout en cas de neuroatypie complexe, puisque leur prise en charge se résulte souvent par des diagnostics erronés et des erreurs de traitements.

Poser un diagnostic en santé mentale sans connaître pertinemment les différents portraits possibles en cas de neurodivergence multiple constitue une négligence clinique occasionnant un grand préjudice pour la personne, car cela l’empêche d’accéder à une compréhension juste et complète de son fonctionnement global. Cette erreur de perspective diagnostique compromet directement la pertinence des interventions proposées et contribue à maintenir la personne dans son état de détresse.

Pourquoi un cadre flexible et particulièrement adapté?

Pour les travailleurs neuroatypiques

  • Valoriser les forces : pensée créative, analyse fine, hyperfocalisation.
  • Réduire les obstacles : horaires souples, outils, espaces et contextes de travail adaptés .
  • Prévenir l’épuisement : limiter la surcharge cognitive liée à la suradaptation.

Pour les usagers de services

  • Évaluations précises : portrait global, incluant les comorbidités.
  • Approches personnalisées : programmes sur mesure, au-delà du modèle unique.
  • Accompagnement par des pairs : des services « par et pour » les neuroatypiques qui favorisent la compréhension mutuelle.

Une mission fondée sur la science et l’expérience

À l’APNQ, nous croyons que la meilleure réponse naît de la rencontre entre :

  • la rigueur clinique pour comprendre les profils,
  • et l’expérience vécue pour concevoir des solutions réalistes.

Neuroatypie simple ou complexe : chaque parcours est unique.

L’APNQ met en place des solutions cliniquement solides, mais surtout profondément humaines.

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Découvrez les services proposés par l’APNQ afin de vous offrir une prise en charge complète et efficace de votre profil neurodivergent et de vos difficultés :

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