Le trouble du déficit de l’attention avec/sans hyperactivité
Comment l’ACNQ comprend le TDAH
À l’ACNQ, le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est compris comme une organisation neurocognitive spécifique, présente dès l’enfance, qui influence durablement :
- la régulation de l’attention
- la gestion de l’énergie mentale et physique
- l’inhibition des réponses
- l’organisation, la planification et l’autorégulation émotionnelle
Sur le plan neurobiologique, la recherche met en évidence chez les personnes ayant un TDAH :
- une régulation atypique des fonctions exécutives, affectant la capacité à initier, maintenir ou ajuster l’action
- une variabilité attentionnelle marquée, où l’attention fluctue selon l’intérêt, la stimulation et le contexte
- une sensibilité accrue aux mécanismes de récompense et de motivation, rendant difficile l’engagement dans des tâches peu stimulantes
Ce fonctionnement n’est ni un manque de volonté ni un déficit d’intelligence.
Il devient source de difficulté lorsque l’environnement exige :
- une attention soutenue constante
- une autorégulation uniforme et continue
- une organisation linéaire et rigide
- une gestion du temps indépendante du niveau d’intérêt
C’est dans ce décalage que s’installent la surcharge, la désorganisation, la culpabilité et l’épuisement.
Repères cliniques
Quand parle-t-on d’un TDAH ?
À l’ACNQ, nous distinguons clairement les variations attentionnelles normales, les traits de personnalité et un diagnostic clinique de TDAH.
Un TDAH est envisagé lorsqu’on observe un ensemble cohérent et persistant de manifestations, incluant :
1. Des difficultés durables de régulation attentionnelle
Par exemple :
- distractibilité élevée ou attention instable
- difficulté à maintenir l’attention sur des tâches peu stimulantes
- alternance entre dispersion et hyperfocalisation
- effort mental important pour rester concentré
2. Des difficultés de régulation de l’impulsivité ou de l’activité
Telles que :
- réponses rapides ou impulsives
- difficulté à inhiber une réaction ou une parole
- agitation interne ou externe
- besoin fréquent de stimulation ou de mouvement
3. Des atteintes des fonctions exécutives
Incluant :
- difficulté à planifier et organiser
- gestion du temps atypique
- oubli fréquent malgré l’intention
- difficulté à prioriser ou à terminer les tâches
4. Une présence précoce dans le développement
Ces manifestations sont présentes depuis l’enfance, même si :
- elles ont été compensées par l’intelligence ou l’environnement
- masquées par une structure externe forte
- interprétées comme de la paresse ou un manque d’effort
5. Un retentissement fonctionnel significatif
Les difficultés entraînent un impact réel sur :
- la scolarité ou la vie professionnelle
- l’estime de soi
- les relations
- la stabilité émotionnelle
6. Une analyse différentielle rigoureuse
Les manifestations ne sont pas expliquées uniquement par :
- un trouble anxieux
- une dépression
- un manque de motivation
- un contexte de stress isolé
Clarification clinique traits, énergie et diagnostic
Être énergique, créatif, distrait ou spontané fait partie de la variabilité humaine.
Le TDAH, lui, correspond à :
- une organisation neurocognitive spécifique
- présente depuis l’enfance
- transversale aux contextes
- impliquant un coût adaptatif constant, même lorsque la personne est compétente ou performante
Se reconnaître dans certains traits peut ouvrir une réflexion pertinente.
Un diagnostic repose toujours sur une évaluation clinique complète, développementale et fonctionnelle.
TDAH et erreurs de diagnostic
Comprendre les trajectoires cliniques complexes – perspective de l’ACNQ
Lorsqu’un TDAH n’est pas reconnu, la personne ne cesse pas d’avoir un TDAH.
Elle apprend à compenser, à se suradapter, à surinvestir l’effort.
Cette compensation prolongée entraîne :
- une fatigue cognitive chronique
- une surcharge émotionnelle
- une auto-critique persistante
- un sentiment d’échec malgré les capacités
Du fonctionnement neurocognitif aux troubles associés
Un TDAH non reconnu peut mener, avec le temps, au développement de mécanismes secondaires, notamment :
- une anxiété de performance
- une hypervigilance organisationnelle
- une inhibition de l’initiative
- une perte de confiance progressive
Ces mécanismes ne sont pas la cause du TDAH, mais la conséquence d’années d’efforts invisibles.
Troubles fréquemment observés secondairement à un TDAH non reconnu
Il est fréquent d’observer :
- troubles anxieux, liés à l’anticipation de l’oubli ou de l’échec
- dépression, associés à l’épuisement et à la dévalorisation
- troubles du sommeil, liés à l’agitation mentale
- altération de l’estime et de la confiance en soi, nourrie par des années d’incompréhension
- et autres troubles comme la dépendance ou les troubles alimentaires
Ces manifestations deviennent souvent le motif principal de consultation, masquant le TDAH sous-jacent.
Position clinique de l’ACNQ
À l’ACNQ, nous affirmons que :
- le TDAH est un fonctionnement neurocognitif, non un manque d’effort
- les troubles associés sont souvent des conséquences, pas des causes
- traiter uniquement les symptômes sans reconnaître le TDAH limite l’efficacité des interventions
- comprendre le fonctionnement attentionnel transforme profondément la trajectoire de vie
Message clé ACNQ
Comprendre le TDAH, ce n’est pas corriger un comportement.
C’est reconnaître un fonctionnement neurocognitif spécifique,
dont l’inadéquation environnementale peut transformer le potentiel en épuisement.
Pour en savoir plus
🔹 Liens et ressources
Accéder à des outils, articles, organismes et ressources utiles liés à ce trouble.
🔹 Entrevues d’experts
Découvrir des entrevues avec des professionnel·le·s et expert·e·s du domaine.
🔹 Témoignages
Découvrir des témoignages de personnes concernées et de proches.
🔹 Groupes d’échanges
Participer à des groupes d’échanges, de soutien ou de discussion entre personnes concernées et proches.