Les troubles d’apprentissage
Comment l’ACNQ comprend les troubles d’apprentissage
À l’ACNQ, les troubles d’apprentissage sont compris comme des organisations neurocognitives spécifiques, qui affectent l’acquisition, le traitement ou l’automatisation de certaines compétences scolaires de base, malgré une intelligence globale adéquate et un accès à l’enseignement.
Ils peuvent concerner une ou plusieurs sphères, notamment :
- le langage écrit (dyslexie, dysorthographie)
- les mathématiques (dyscalculie)
- l’expression écrite et graphique (dysgraphie)
- l’intégration visuo-spatiale ou procédurale
Ces troubles ne reflètent ni un manque d’effort, ni un manque de motivation, ni un déficit intellectuel.
Ils traduisent une façon différente de traiter l’information, souvent durable et développementale.
Ce fonctionnement devient source de difficulté lorsque l’environnement :
- repose fortement sur l’automatisation rapide des apprentissages
- évalue la compétence uniquement par la performance écrite ou chiffrée
- interprète l’erreur comme un manque d’attention ou de travail
C’est dans ce décalage que s’installent la frustration, la fatigue cognitive et l’invalidation.
Repères cliniques
Quand parle-t-on d’un trouble d’apprentissage ?
À l’ACNQ, nous distinguons les difficultés d’apprentissage transitoires, les retards liés au contexte et les troubles d’apprentissage au sens clinique.
Un trouble d’apprentissage est envisagé lorsqu’on observe :
1. Des difficultés spécifiques et persistantes dans un domaine ciblé
Par exemple :
- lecture lente, imprécise ou coûteuse (dyslexie)
- erreurs orthographiques persistantes malgré l’enseignement (dysorthographie)
- difficultés à comprendre les quantités, les opérations ou les raisonnements numériques (dyscalculie)
- écriture laborieuse, peu lisible ou très coûteuse (dysgraphie)
2. Une dissociation entre capacités intellectuelles et performance scolaire
Incluant :
- compréhension orale adéquate ou élevée
- raisonnement intact ou supérieur
- performance scolaire nettement inférieure aux capacités cognitives
3. Un coût cognitif élevé pour des tâches de base
Se manifestant par :
- lenteur excessive
- fatigue rapide
- besoin de stratégies compensatoires constantes
- surcharge attentionnelle lors des apprentissages
4. Une présence développementale durable
Ces difficultés sont présentes depuis l’enfance, même si :
- elles ont été compensées
- contournées par des stratégies
- attribuées à l’inattention ou au stress
5. Un retentissement fonctionnel réel
Les troubles d’apprentissage peuvent affecter :
- le parcours scolaire
- la confiance en soi
- la motivation
- l’accès aux études ou à l’emploi
6. Une analyse différentielle rigoureuse
Les manifestations ne sont pas expliquées uniquement par :
- un TDAH non compensé
- un trouble anxieux primaire
- un manque d’enseignement
- un contexte psychosocial isolé
Clarification clinique variantes dys et profil d’apprentissage
Les troubles d’apprentissage ne sont ni uniformes ni exclusifs.
Ils peuvent :
- coexister entre eux
- varier en intensité
- s’exprimer différemment selon l’âge et les exigences scolaires
Une personne peut, par exemple :
- lire avec difficulté mais raisonner avec aisance
- comprendre les mathématiques conceptuellement sans automatiser les calculs
- avoir des idées riches mais une écriture coûteuse
Le profil d’apprentissage est singulier et doit être compris globalement.
Troubles d’apprentissage et erreurs de lecture clinique
Comprendre les interprétations fréquentes – perspective de l’ACNQ
Les troubles d’apprentissage sont souvent :
- interprétés comme un manque d’effort
- confondus avec de l’inattention
- attribués à l’anxiété ou à la démotivation
Ces lectures erronées peuvent mener à :
- une pression accrue
- des interventions inadaptées
- une perte progressive de motivation
De la difficulté scolaire aux troubles associés
Lorsque les troubles d’apprentissage ne sont pas reconnus ou mal accompagnés, la personne peut :
- fournir des efforts disproportionnés
- éviter certaines tâches ou contextes
- internaliser un sentiment d’échec
Avec le temps, cela peut entraîner :
- une anxiété de performance
- une fatigue cognitive chronique
- un désengagement scolaire ou professionnel
- une atteinte de l’estime de soi
Ces manifestations ne sont pas la cause, mais la conséquence d’un fonctionnement d’apprentissage non reconnu.
Troubles fréquemment observés secondairement à des troubles d’apprentissage non reconnus
Il est fréquent d’observer :
- troubles anxieux, liés à l’anticipation de l’erreur
- dépression, associée à la démotivation et à l’épuisement
- décrochage scolaire, dû à l’effort constant et aux échecs répétés
- troubles somatiques, liés au stress chronique
- altération de l’estime de soi, nourrie par l’invalidation répétée
Ces manifestations deviennent souvent le motif principal de consultation, masquant le trouble d’apprentissage sous-jacent.
Position clinique de l’ACNQ
À l’ACNQ, nous affirmons que :
- les troubles d’apprentissage sont des fonctionnements neurocognitifs spécifiques, non des échecs
- l’effort ne compense pas un trouble non reconnu
- les adaptations pédagogiques sont des leviers d’équité, pas des avantages
- comprendre le profil d’apprentissage transforme les trajectoires scolaires et professionnelles
Message clé ACNQ
Comprendre les troubles d’apprentissage, ce n’est pas corriger une erreur.
C’est reconnaître une organisation neurocognitive spécifique,
dont la méconnaissance peut transformer le potentiel en découragement durable.
Pour en savoir plus
🔹 Liens et ressources
Accéder à des outils, articles, organismes et ressources utiles liés à ce trouble.
🔹 Entrevues d’experts
Découvrir des entrevues avec des professionnel·le·s et expert·e·s du domaine.
🔹 Témoignages
Découvrir des témoignages de personnes concernées, de proches et de membres de la communauté.
🔹 Groupes d’échanges
Participer à des groupes d’échanges, de soutien ou de discussion entre personnes concernées et proches.