Les troubles sensoriels
Comment l’ACNQ comprend les troubles sensoriels
À l’ACNQ, les troubles sensoriels sont compris comme une organisation perceptive atypique, dans laquelle le système nerveux traite, module ou intègre les stimuli sensoriels de manière différente.
Ils peuvent concerner un ou plusieurs systèmes sensoriels, notamment :
- auditif
- visuel
- tactile
- proprioceptif
- vestibulaire
- olfactif et gustatif
Ces particularités peuvent se manifester sous forme de :
- hypersensibilités (stimuli perçus comme trop intenses ou envahissants)
- hyposensibilités (stimuli peu perçus ou nécessitant une intensité accrue)
- fluctuations sensorielles selon le contexte, la fatigue ou la charge émotionnelle
Sur le plan neurophysiologique, les troubles sensoriels impliquent :
- une modulation sensorielle atypique
- une difficulté à filtrer ou hiérarchiser les informations sensorielles
- une surcharge ou, à l’inverse, une sous-activation du système nerveux
Ce fonctionnement n’est ni volontaire ni psychologique.
Il devient source de difficulté lorsque l’environnement :
- est sensoriellement dense ou imprévisible
- impose une tolérance sensorielle constante
- minimise l’impact des stimulations répétées
C’est dans ce décalage que s’installent l’irritabilité, la fatigue, l’évitement et l’épuisement.
Repères cliniques
Quand parle-t-on de troubles sensoriels ?
À l’ACNQ, nous distinguons les préférences sensorielles normales, les sensibilités transitoires et les troubles sensoriels au sens clinique.
Les troubles sensoriels sont envisagés lorsqu’on observe :
1. Une réactivité sensorielle atypique persistante
Par exemple :
- hypersensibilité au bruit, à la lumière ou aux textures
- hyposensibilité à la douleur, au mouvement ou aux signaux corporels
- réactions disproportionnées ou absentes aux stimuli
2. Une modulation sensorielle difficile
Incluant :
- difficulté à filtrer les stimuli non pertinents
- surcharge rapide en environnement stimulant
- besoin accru de retrait ou de régulation sensorielle
3. Des comportements d’adaptation sensorielle
Tels que :
- évitement de certains environnements
- recherche sensorielle (mouvement, pression, stimulation)
- stratégies répétitives ou auto-régulatrices
4. Une présence développementale précoce ou durable
Ces particularités sont souvent observables dès l’enfance, même si :
- elles ont été minimisées
- interprétées comme des caprices ou de l’opposition
- masquées par l’adaptation
5. Un retentissement fonctionnel réel
Les troubles sensoriels peuvent affecter :
- la concentration
- les interactions sociales
- la tolérance au stress
- la capacité à maintenir un équilibre quotidien
6. Une analyse différentielle nécessaire
Les manifestations ne sont pas expliquées uniquement par :
- un trouble anxieux primaire
- une hypersensibilité émotionnelle isolée
- un comportement oppositionnel
- un contexte ponctuel de stress
Clarification clinique hyper, hypo et fluctuations sensorielles
Les troubles sensoriels ne se résument pas à « trop sensible » ou « pas assez sensible ».
Ils correspondent à :
- une organisation perceptive atypique
- pouvant être hyper-, hypo- ou mixte
- variable selon les contextes, la fatigue et la charge cognitive
Une personne peut être hypersensible dans un sens et hyposensible dans un autre.
Les fluctuations ne remettent pas en question la réalité du fonctionnement.
Troubles sensoriels et erreurs de lecture clinique
Comprendre les incompréhensions fréquentes – perspective de l’ACNQ
Les troubles sensoriels sont souvent :
- psychologisés (« c’est de l’anxiété »)
- banalisés (« il/elle exagère »)
- interprétés comme des problèmes de comportement
Ces lectures erronées peuvent entraîner :
- une absence d’adaptations
- une exposition prolongée à la surcharge
- une détérioration de la santé mentale
De la surcharge sensorielle aux troubles associés
Lorsque les troubles sensoriels ne sont pas reconnus, la personne doit :
- maintenir une vigilance constante
- inhiber ses réactions naturelles
- compenser sensoriellement sans soutien
Avec le temps, cela peut mener à :
- une fatigue nerveuse chronique
- une anxiété persistante
- des épisodes d’irritabilité ou de repli
- un épuisement adaptatif
Ces manifestations ne sont pas la cause, mais la conséquence d’une surcharge sensorielle répétée.
Troubles fréquemment observés secondairement à des troubles sensoriels non reconnus
Il est fréquent d’observer :
- troubles anxieux, liés à l’anticipation sensorielle
- burnout neuroatypique, dû à la surcharge chronique
- troubles du sommeil, liés à l’hyperactivation sensorielle
- symptômes somatiques, liés à la tension nerveuse
- altération de l’estime de soi, lorsque les réactions sont invalidées
- et autres troubles comme la dépendance ou les troubles alimentaires
Ces manifestations deviennent souvent le motif principal de consultation, masquant les troubles sensoriels sous-jacents.
Position clinique de l’ACNQ
À l’ACNQ, nous affirmons que :
- les troubles sensoriels sont des fonctionnements perceptifs réels, non des caprices
- la surcharge sensorielle est un facteur majeur d’épuisement
- les adaptations sensorielles sont des besoins, pas des privilèges
- reconnaître le profil sensoriel transforme la qualité de vie
Message clé ACNQ
Comprendre les troubles sensoriels, ce n’est pas demander de tolérer davantage.
C’est reconnaître une organisation perceptive atypique,
dont la surcharge non reconnue peut transformer le quotidien en combat invisible.
Pour en savoir plus
🔹 Liens et ressources
Accéder à des outils, articles, organismes et ressources utiles liés à ce trouble.
🔹 Entrevues d’experts
Découvrir des entrevues avec des professionnel·le·s et expert·e·s du domaine.
🔹 Témoignages
Découvrir des témoignages de personnes concernées, de proches et de membres de la communauté.
🔹 Groupes d’échanges
Participer à des groupes d’échanges, de soutien ou de discussion entre personnes concernées et proches.