Les traumatismes (simple et complexe)


Comment l’ACNQ comprend les traumatismes

À l’ACNQ, les traumatismes sont compris comme des atteintes durables du système nerveux et du sentiment de sécurité, survenant lorsque la personne a été exposée à des situations :

  • menaçantes
  • imprévisibles
  • envahissantes
  • invalidantes ou coercitives

Le traumatisme ne se définit pas uniquement par l’événement vécu, mais par l’impact neurophysiologique et adaptatif laissé sur la personne.

On distingue notamment :

  • les traumatismes ponctuels (événement unique)
  • les traumatismes relationnels (abus, violence, contrôle, invalidation)
  • les traumatismes développementaux
  • le trauma complexe, résultant d’expositions répétées dans le temps

Chez les personnes neuroatypiques, le trauma est souvent majoré par :

  • une sensibilité sensorielle accrue
  • une difficulté à décoder les intentions
  • une exposition répétée à l’incompréhension ou à la coercition
  • l’absence de reconnaissance du fonctionnement réel

Repères cliniques

Quand parle-t-on de traumatisme ?

Un traumatisme est envisagé lorsqu’on observe :

1. Une dysrégulation persistante du système nerveux

Par exemple :

  • hypervigilance constante
  • réactions de sursaut
  • agitation interne ou figement
  • alternance entre hyperactivation et épuisement

2. Des mécanismes de protection envahissants

Incluant :

  • évitement
  • dissociation
  • anesthésie émotionnelle
  • contrôle excessif

3. Une altération durable du sentiment de sécurité

Se manifestant par :

  • difficulté à faire confiance
  • anticipation constante du danger
  • sentiment d’insécurité même en contexte sécuritaire

4. Une présence prolongée dans le temps

Les manifestations persistent même lorsque :

  • la situation dangereuse est terminée
  • l’environnement est objectivement sécuritaire

5. Un retentissement fonctionnel significatif

Le trauma peut affecter :

  • les relations
  • la capacité d’engagement
  • la régulation émotionnelle
  • l’identité et l’estime de soi

6. Une analyse différentielle essentielle

Les manifestations ne sont pas expliquées uniquement par :

  • un trouble anxieux isolé
  • une dépression primaire
  • un trait de personnalité
  • une difficulté contextuelle ponctuelle

Clarification clinique

Trauma et neuroatypie

À l’ACNQ, nous insistons sur un point fondamental :

Le trauma n’explique pas la neuroatypie.
La neuroatypie peut amplifier l’impact du trauma.

Une lecture exclusivement traumatique peut :

  • invisibiliser un TSA
  • masquer un TDAH
  • confondre une surcharge sensorielle avec une réaction post-traumatique

Traumatismes et erreurs de lecture clinique

Comprendre ce qui est confondu – perspective de l’ACNQ

Les traumatismes sont fréquemment :

  • surpsychologisés
  • dissociés du contexte neurodéveloppemental
  • traités sans adaptation du fonctionnement

La personne peut alors être perçue comme :

  • instable
  • réactive
  • résistante aux interventions

Alors que son système nerveux est organisé pour survivre, pas pour se détendre.


Du trauma aux troubles associés

Un traumatisme non reconnu ou mal compris peut entraîner :

  • troubles anxieux persistants
  • troubles dissociatifs
  • symptômes dépressifs
  • troubles somatiques
  • épuisement adaptatif

Ces manifestations ne sont pas la cause, mais la conséquence d’un système nerveux resté en état d’alerte.


Position clinique de l’ACNQ

À l’ACNQ, nous affirmons que :

  • le trauma doit être compris dans le fonctionnement global de la personne
  • la sécurité passe autant par la reconnaissance que par l’intervention
  • traiter le trauma sans reconnaître la neuroatypie limite la réparation durable

Message clé ACNQ

Comprendre les traumatismes, ce n’est pas analyser le passé.
C’est reconnaître un système nerveux qui a appris à survivre.