Les troubles alimentaires
Comment l’ACNQ comprend les troubles alimentaires
À l’ACNQ, les troubles alimentaires sont compris comme des tentatives complexes de régulation, impliquant simultanément :
- le système nerveux
- la sensorialité corporelle
- la régulation émotionnelle
- le rapport au contrôle et à la sécurité
Ils ne se résument ni à une relation à la nourriture, ni à une problématique de volonté ou d’image corporelle.
Ils traduisent un déséquilibre profond entre les besoins neurophysiologiques internes et l’environnement.
Chez de nombreuses personnes neuroatypiques, les troubles alimentaires émergent dans un contexte de :
- surcharge sensorielle chronique
- difficulté d’interoception (perception des signaux corporels)
- besoin intense de prévisibilité et de contrôle
- invalidation répétée du vécu corporel
La nourriture devient alors un outil de régulation accessible, parfois le seul.
Repères cliniques
Quand parle-t-on d’un trouble alimentaire ?
À l’ACNQ, un trouble alimentaire est envisagé lorsqu’on observe :
1. Une relation durablement perturbée à l’alimentation
Par exemple :
- restriction alimentaire rigide
- comportements alimentaires compulsifs
- alternance entre contrôle et perte de contrôle
- évitement sensoriel marqué de certains aliments
2. Une fonction régulatrice claire de l’alimentation
Incluant :
- apaisement du système nerveux
- anesthésie émotionnelle
- reprise de contrôle
- réduction de la surcharge interne
3. Une dissociation partielle ou totale des signaux corporels
Se manifestant par :
- difficulté à reconnaître la faim ou la satiété
- inconfort corporel diffus
- rapport conflictuel au corps
4. Une présence prolongée dans le temps
Les comportements persistent même lorsque :
- le contexte change
- les conséquences sont connues
- la volonté d’aller mieux est présente
5. Un retentissement fonctionnel significatif
Les troubles alimentaires affectent :
- la santé physique
- la santé mentale
- les relations
- l’énergie vitale et la concentration
6. Une analyse différentielle essentielle
Les manifestations ne sont pas expliquées uniquement par :
- un souci esthétique
- une pression sociale isolée
- un trouble anxieux primaire
- un choix volontaire de style de vie
Clarification clinique
Troubles alimentaires et neuroatypie
À l’ACNQ, nous insistons sur une distinction majeure :
Le trouble alimentaire n’est pas le problème central.
Il est souvent la solution trouvée par le système nerveux.
Chez les profils neuroatypiques, les troubles alimentaires sont fréquemment associés à :
- TSA
- troubles sensoriels
- TDAH
- trauma développemental
- neuroatypie complexe
Ignorer cette lecture globale conduit souvent à :
- des rechutes
- une chronicisation
- une culpabilisation accrue
Troubles alimentaires et erreurs de lecture clinique
Ce qui est souvent mal interprété – perspective de l’ACNQ
Les troubles alimentaires sont fréquemment :
- psychologisés à outrance
- réduits à l’image corporelle
- traités sans considération sensorielle
La personne peut alors être perçue comme :
- contrôlante
- opposante
- non collaborative
Alors que son corps est en état de survie régulée.
Du déséquilibre neurocorporel aux troubles associés
Lorsque les troubles alimentaires ne sont pas reconnus dans leur fonction régulatrice, on observe souvent :
- anxiété persistante
- rigidification comportementale
- épuisement nerveux
- dissociation corporelle accrue
Ces manifestations ne sont pas la cause, mais la conséquence d’un système nerveux mal soutenu.
Position clinique de l’ACNQ
À l’ACNQ, nous affirmons que :
- les troubles alimentaires sont des réponses neurocorporelles complexes, pas des choix
- la régulation doit être remplacée, pas supprimée
- toute intervention doit tenir compte de la sensorialité, du corps et du fonctionnement neurodéveloppemental
- reconnaître la fonction du trouble est un levier thérapeutique majeur
Message clé ACNQ
Comprendre les troubles alimentaires,
ce n’est pas contrôler l’alimentation.
C’est enfin écouter ce que le corps tente de réguler.